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Plumes et trompettes

Par Géraldine,
Parc naturel régional ...

Géraldine
Incontournables

La Grue cendrée, plus grand oiseau migrateur d’Europe, est mise à l’honneur dans les Landes de Gascogne en hiver. Ce dimanche de janvier, c’est sous un ciel clément que des curieux de nature se retrouvent à la Réserve d’Arjuzanx. Certains ont fait le trajet d’assez loin pour venir séjourner, le temps d’un week-end, et pouvoir observer ce majestueux échassier pendant son hivernage. Ces passionnés d’ornithologie ont opté pour un séjour ‘clé en main’, en petit groupe, chez des hébergeurs Imaginaterres (engagés dans l’écotourisme avec le Parc naturel). Au menu du samedi, ils avaient le choix entre balade autour de l’airial, tour du lac d’Arjuzanx ou ‘atelier zéro déchet’, avant de rejoindre la Tour d’observation d‘Arjuzanx pour le retour des grues aux dortoirs. Mais pour la journée du dimanche c’est Xavier, guide-nature de la Réserve d’Arjuzanx, qui a pris en charge le groupe pour une belle journée d’observation de celle que l’on surnomme la ‘dame grise de Gascogne’.

 

Guide d'Arjuzanx en pleine présentation des grues

 

Cet expert des grues a commencé par une présentation détaillée des caractéristiques de l’oiseau, et de son suivi scientifique à échelle européenne, avant d’embarquer nos visiteurs dans le mini-bus pour une exploration des environs.

 

groupe en affût pour observer les grues en gagnage

 

Postés en affut des champs de ‘gagnage’ où les grues glanent les restes de maïsiculture, des vers et autres graines présentent en surface, la troupe se fait la plus discrète possible pour ne pas les faire s’envoler. L’approche est stratégique et la présence d’un expert augmente les chances de réussite. D’ailleurs son œil averti repère de suite les grues baguées (suivies scientifiquement) et même la couleur du baguage qui indique le pays d’origine de l’oiseau !

Soudain, c’est un vol de pygargue à queue blanche qui retient notre attention. Signalons qu’il s’agit du plus gros prédateur de la grue (plus grand qu’un aigle royal) et que sa présence n’est pas banale. Son observation relève de la chance et plonge la tribu dans une observation assidue à travers nos jumelles. Malgré sa prédation, les migratrices ne sont pas en alerte. Ce jour-là, elles n’auront pas eu à se défendre car le pygargue n’a pas attaqué. Cette observation rare a marqué en beauté ce début de journée.

 

observation des champs au plus près des grues

 

Après un déjeuner à l’auberge du coin, en route pour les plateaux de la Réserve, pour fouler le sol d’une terre préservée (interdite au public non-encadré) où les grues viennent se poser au retour des champs. C’est un peu ému que le groupe explore ces terres et effleure l’intimité de la Grue. Effectivement c’est là, qu’après s’être nourrie en journée, elles reviennent par milliers et se posent avant la nuit afin d’effectuer toilette et autres parades.

 

balades sur les plateaux de la Réserve

 

Beaucoup de traces et indices attestent des 20 000 grues en hivernage cette année à la Réserve. Dans des petites mares détrempées, on peut apercevoir des empreintes de pattes fraîchement laissées et un nombre conséquent de plumes.

 

quête de plumes, une bonne récolte

 

Différents milieux se succèdent sous nos yeux : lande sèche et lande humide. Ici la pinède n’est plus que sporadique et laisse apercevoir des bruyères, des ajoncs en fleur ou encore la molinie. On retrouve ici des paysages proches de ceux majoritairement présents avant l’asséchement de ces landes au XIXe. C’est dans cette ancienne carrière de lignite que les ‘bassines’ ont pu s’emplir d’eau et former ces larges zones humides, où peut prospérer cette faune sauvage sur une centaine d’hectares appelées ‘dortoirs’.

 

paysage proche de ceux du XIX eme siècle

 

Après ce ‘voyage dans le temps’, c’est presque en VIP que le petit groupe traverse en mini-bus des lieux inconnus du public. On passe alors aux abords du lac des armayans, le principal dortoir des grues, qu’elles viennent rejoindre après le toilettage, en contrebas des plateaux. Les pattes plongées dans l’eau, elles y trouvent refuge contre les prédateurs, tandis que certaines font le guet.

 

groupe en observation face à la lande humide

 

Mais l’heure tourne et les premières grues ne vont pas tarder à faire leur apparition. Afin d’éviter toute perturbation liée à notre présence, nous devons regagner l’observatoire de Villenave, qui offre un beau point de vue sur le dortoir des armayans.

 

observatoire de Villenave

 

Une fois en poste, bien caché dans l’abri, chacun y va de son objectif pour capter ces vagues d’oiseaux qui défilent dans le ciel. Elles sont tellement proches parfois, qu’on distingue nettement leur plumage gris panaché.

On dit que la Grue ‘trompette’ quand elle vole. Ce bruit caractéristique créé un véritable concert au-dessus de nos têtes, qui résonne dans le soleil couchant. On ne sait plus bien si on assiste à un ballet aérien ou plutôt à un opéra !

 

vol de grues en V

 

Au son des ‘trompettes’, le groupe se délecte des dernières images du vol des grues qui transperce ce flamboyant panorama. Mais une fois la nuit tombée, il est temps, nous aussi, de regagner nos pénates. Non sans émotion, c’est ici que le séjour s’achève, après un fabuleux spectacle en compagnie d’un guide passionné et plus de deux jours de découverte de l’espèce à travers des milieux variés.

 

les grues et le coucher du soleil dans l'objectif

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